Les convictions à géométrie variable de la classe politique

Le Chef de l’État Nicolas Sarkozy a annoncé hier sur TF1 qu’il se représentait à l’élection présidentielle.

Il a, en outre, abordé durant l’allocution sa volonté de mettre en place des référendums. Un mode d’appel au peuple auquel Nicolas Sarkozy ne croyait pourtant pas en 2007, comme le raconte Le Monde dans un article publié aujourd’hui.

Quitte à se contredire farouchement pour épouser l’air du temps, aucune personnalité ou formation politique n’est à l’abri de la « conviction à géométrie variable ».

Hormis la déclaration faite hier sur le référendum, l’appel aux « valeurs » de la majorité, relayé entres autres il y a quelques jours dans le Figaro fait sourire. Entre le « Karcher », la chasse aux fraudeurs et aux Roms, le Yacht de Bolloré et les dîners au Fouquet’s, on a beau réfléchir, difficile de trouver cohérence entre les actes et les effets d’annonce.

Dans l’entourage du Prince, on n’hésite pas – depuis longtemps déjà – à se payer les services de Patrick Buisson, ex-extrême-droite, dont la presse à largement relayé la biographie ces derniers temps.

« Maurice Barres » d’un côté, « Jacques Séguéla » de l’autre. « La Terre et les morts » pour l’électorat populaire déboussolé, la « Rolex » pour les classes supérieures hantées par la fiscalité élevée de notre pays.

Les convictions du Chef de l’État sont avant tout stratégiques.

La majorité est loin d’être la seule concernée

Si beaucoup ont moqué, moquent, ou moqueront les positions souverainistes d’un Jean-Pierre Chevènement ou d’un Nicolas Dupond-aignan, force est de constater que les prétendants à l’Elysée ont la capacité de surfer sans complexe sur la vague du discours néosouverainiste.

Les intentions de vote de près de 19% au premier tour, pour Marine Le Pen, en pointe sur ce thème, y sont certainement pour quelque chose.

Du « produire Français » de Bayrou, en passant par la « démondialisation » d’Arnaud Montebourg, chacun s’aligne sur un besoin pressant de l’opinion : celui de protection et de sens, dans une Europe en crise qui ne protège ni ne représente plus la majorité des populations.

Jean-Luc Mélenchon, ex-trotskyste passé sur les bancs du politiquement correct Internationaliste, et qui a voté « oui » au Traité de Maastricht, se lâche de temps en temps chez Jean-Pierre Bourdin (RMC) au sujet de la « souveraineté » perdue de la France, sans hésiter à déclarer sur BFM « C’est Chevènement qui avait raison », au sujet du Traité de Maastricht (Jean-Pierre Chevènement avait voté non en 1992).

L’opinion évolue, les convictions aussi, les Hommes politiques deviennent Politiciens, entraînés par la vague qui mène aux voix et aux sièges d’élus.

Du côté d’Europe Écologie-Les Verts, cette vague a fait l’effet d’un tsunami lors la négociation de l’accord avec le Parti socialiste en novembre dernier. La candidate Éva Joly ayant été allègrement sacrifiée sur l’autel des futures législatives.

Les ténors d’EELV, n’ont pas hésité une seconde à revenir sur un projet sensé leur tenir à cœur : sortir la France du nucléaire. En lâchant leur propre candidate, contre la promesse d’une soixantaine de circonscriptions.

Le clivage entre Politiciens et Hommes politiques est évidemment loin d’être hermétique. Fort heureusement.

Il serait bon pour la démocratie que nos Politiciens talentueux deviennent demain des Hommes politiques vertueux.

Ils en ont les moyens. En auront-ils le courage ?

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