François Léotard, ancien ministre et auteur péssimiste

Habitare Secum, retrace les limites de la société occidentale post-industrielle. François Léotard, ancien ministre, nous invite à prendre la poudre d’escampette.

Habitare Secum en français, « Habiter avec soi-même », est une série de portraits, de petites fables, qui retracent chacune le destin d’un ou de plusieurs individus qui cherchent à fuir leur existence, au sens propre comme au sens figuré. Cela va du professeur qui n’intéresse pas ses élèves, à l’employé de mairie fatigué de servir des administrés exigeants, en passant par une journaliste qui a perdu ses idéaux, ou encore une mère-porteuse ukrainienne en manque affectif et qui s’enfuit avec son enfant.

François Léotard dépeint donc à travers ses personnages ; des vies brisées. Habitare Secum est donc composé de vingts portraits bien écrits, incisifs, où chaque personnage fini par s’installer dans le désert ou se flinguer. Seul un couple de bobos branchés échappent à la douleur de vivre. Ils se satisfont de la « gaieté publicitaire », selon l’ancien ministre : du shopping et faire la fête.

Et pour l’auteur ça n’est pas un exemple à suivre. François Léotard propose donc une méthode existentielle inspirée d’un certain St-Benoît. L’ancien ministre la revisite pour la mettre au goût du jour. elle consiste en gros, dès lors qu’on en a marre du métro boulot dodo, à s’équiper d’un iphone et d’une batterie solaire, de télécharger tout Proust, tout Joyce, tout Kafka en livre numérique, et d’aller se balader dans le désert, les quais des vieux ports, les petits villages, les hauts plateaux.

Il s’agit donc « D’habiter avec soi-même » et de trouver la paix intérieur en flânant ça et là. C’est très bohème comme principe. Et il faut tout de même une certaine culture pour pouvoir s’en sortir dans cette perspective. Je ne pensais que François Léotard fut si dépressifs et tourmenté. Mais c’est de la vraie littérature d’idée. Le bouquin est très bien écrit, et les portraits sont capables de saisir les tourments des individus de notre époque, au fond, c’est à cela que sert le récit.

Et pour l’anecdote il circule sur internet qu’ Habitare Secum serait le reflet inversé du fameux « Indignez-vous » de Stéphane Hessel. Décidément tous les chemins mènent à lui, en ces temps de concurrences éditoriales sur le secteur du micro-livre. Et dans la perspective de François Léotard, il apparaît que la politique de l’autruche peut-être une bonne alternative à l’indignation.

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