Le complexe d’Orphée ou la charge de Michéa contre la gauche bobo

Le dernier livre de Jean-Claude Michéa, « le Complexe d’Orphée », aux éditions Climats, est un pamphlet dirigé contre la gauche progressiste et la « religion du progrès ».

Le « Complexe d’Orphée » est un ouvrage érudit qui cache un pamphlet acerbe. George Orwell est le « maître à penser » de Jean-claude Michéa. Tout au lond de son ouvrage, il va s’appuyer sur un des principaux concept d’Orwell : la « common decency ». A savoir, une certaine propention des classes populaires pour l’honnêteté, la sincérité, et la non-recherche du profit. Jean-Claude Michéa y dénonce donc la gauche bobo acquise au capitalisme et qui a oublié les valeurs du peuple. Il n’y va pas de main morte. Le parti socialliste, les inrocks, libé, le grand journal de Canal Plus, toute la gauche bobo  y passe, coupable selon Michéa d’être victime du Complexe d’Orphée. Orphée est un personnage de la mythologie grec qui avait perdu sa femme. Mais il avait convaincu Hades de pouvoir la sortir des enfers. La seule condition était de ne pas se retourner pour regarder sa femme avant la sortie. Mais Orphée n’a pu résister à la tentation de jetter un coup d’oeil à sa chère et tendre. Et sa femme est redescendu illico au royaume des morts. La « religion du progrès » est semblable, nous dit Michéa, au « complexe d’Orphée » : être condamné à avancer sans jamais se retourner.

Ce paradigme, la gauche en serait prisonnière. Selon Michéa, elle serait victime d’une frénésie progressiste de nature presque religieuse. Tout ce qui est trop passéiste, trop ringard, trop populeux, est considéré comme  rétrograde. Il faut avancer, avancer toujours avancer, quitte à se convertir à l’économie de marché, plus « moderne ». La conséquence de ce « Complexe d’Orphée », cette « religion du progrès », est que la gauche se coupe de son électorat populaire, et le laisse filer vers le Front national. Jean-Claude Michéa emploie la formule suivante : la gauche préfère « Les bobos plutôt que les prolos » ironise Jean-Claude Michéa. Car les valeurs des prolos sont des valeurs pas très progressistes.

Michéa, en réponse à cela, voudrait conserver certaines valeurs « populaires ». Pour un vrai progrès basé sur la décence et l’honnêteté des masses populaires. A l’opposé d’un progrès dogmatique, fonçant sans jamais se retourner vers un futur ultra-technique et  ultra-individualiste.

Jean-Claude Michéa a été critiqué , notamment par le sociologue très progressiste Luc Boltanski. Dans les colonnes du Monde, ce dernier le qualifie purement et simplement de Pétainiste. C’est l’arroseur arrosé, et c’est de bonne garde.

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