Note de lecture : Howard McCord « L’homme qui marchait sur la Lune »

Une lecture surprenante, haletante, et une fin pour le moins… déconcertante !

Sur les conseils avisés d’une libraire, je me suis procuré il y a peu l’ouvrage d’Howard McCord L’homme qui marchait sur la Lune.
Je dispose de la nouvelle version poche de chez Gallmeister, qui date de 2011. Très belle, visuellement, très agréable.

La précédente version étant la publication en grand format en 2008 de la version originale (traduite par un certain Jacques Mailhos visiblement talentueux, qui travaille pour l’éditeur, Gallmeister, comme le laisse à penser cette page qui présente un grand nombre de livre de la collection. http://www.lechoixdeslibraires.com/traducteur-24180-jacques-mailhos-.htm), chez Gallmeister toujours.

Vous vous procurerez donc le poche et le grand format, selon que vous êtes riche, pauvre, puissant, faible, collectionneur, raisonnable ou fou.

Howard McCord, écrivain américain né en 1932 a été, selon les informations disponibles sur la toile, un universitaire, et il a dirigé un programme d’écriture pendant 25 ans. Il a également publié des recueils de poèmes.

Donc a priori, Howard McCord sait écrire. Et bien oui, en effet, L’Homme qui marchait sur la Lune est une bombe. Pour la prouesse, d’une part, de raconter si bien une simple marche sur une montagne, qui du coup, quitte la simplicité pour la complexité, et d’autre part, de pousser assez loin le bouchon sur le plan de la psychologie.

« Ne sommes-nous pas largement définis par nos relations aux autres, confirmés dans la vie par le témoignage des autres ? » P. 39

« Il serait facile de venir à penser que je n’ai jamais existé, et que qu’elle qu’ait été la cause de cette distorsion du champ de conscience, ce n’était rien de plus qu’une sorte de diable de poussière » P. 39

« La conscience quant à elle, n’est qu’un agglomérat de pulsations de neurones conditionnés. La conscience est un lubrifiant social : elle reflète notre connaissance des règles qui rendent le jeu jouable. »

Impossible d’évoquer la personnalité du héros, William Gasper. Pour ne pas dévoiler, cela va de soi. Et parce qu’il serait difficile de bien en parler. Le lecteur se fera une idée. D’autant plus que le livre se lit plutôt rapidement, avec ces 130 et quelques pages.

Une marche qui se transforme en rêverie, en course-poursuite, en déambulation paranoïde au milieux des crêtes acérées de la fameuse montagne « La Lune » qui sont les principaux éléments visuels structurant l’histoire, avec les crevasses également.

Des crevasses, des crêtes, un type seul sur une montagne qui marche avec son sac sur le dos. Le type, il cogite trop. Beaucoup trop. Le lecteur va apprendre pourquoi, au fil du déroulement de l’intrigue (ce fameux intrus qui rôde à nos talons  le « Chat » mais qui est-il ?).

L’exploit de l’écrivain ici, c’est de réussir à appartenir brillamment à un genre, le « natural witring ». Raconter une montagne, pas si simple. Y mettre un homme à moitié fou poursuivi par plus fou que lui, pas vraiment plus évident, à l’évidence.

Chaque phrase est belle, ronde, poétique.

« Devant  moi, la silhouette brute de la Lune emplissait un quart du ciel » P. 13

« Les nuages de pluie étaient désormais à des kilomètres de moi, noyant de tonnerre et d’averses le flanc nord-ouest de la Lune et les hauts contreforts désertiques qui s’étiraient au-delà. Le soleil était vif et l’air chargé de fraîcheur alors que je me hâtais vers le nord […] »

P. 55

« […] je posai un regard large sur le lointain, sur le désert qui s’étendait au-delà de la Lune, sur le soleil de l’après-midi, tardif, doré dans le ciel, et rangeai très soigneusement le chat Palug dans un sombre et profond canyon de ma mémoire. » P. 79

Venu tardivement dans nos contrées, le livre a été publié initialement en 2005, comme vous pourrez le constater en fouillant vers ici. Bien que dans l’édition en ma possession, le « copyright » estampillé au nom d’Howard McCord précise l’année 1997.

Il s’agit, en outre, du premier livre de McCord. Il a également publié en 2008 Walking to Extremes in Iceland and New Mexico. Il s’agira peut-être d’une future lecture.

La fin de L’Homme qui marchait sur la Lune est spéciale. Surprenante. Pour certains, elle fournira une bouffée d’adrénaline, un voyage, une vision. Pour d’autre, il s’agira d’une excuse. Mais c’est beau, esthétique, de ce côté là, le plaisir des belles phrases est total.

Un mot sur la collection « totem », qui se trouve être plutôt agréable à lire, même si l’on regrettera les « citations » de journalistes sur la quatrième de couverture, ce qui donne un petit côté « connivence » et « pub ». Mais bon. Un beau roman à découvrir.

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