Cogan : Yes we can(not)

P10-cogan2-630x0Critique sociale et joyeuse pagaille, Cogan : Killing them softly (Andrew Dominik, 2012) dénonce les ravages de l’économie libérale en mettant en scène des paumés du rêve américain…

… et les petits malins qui tirent leur épingle du jeu. Cogan ? Des braquages, règlements de compte, tueurs à gage, petites frappes… sur fond de discours de Georges W. Bush et Barack Obama.

Dans Cogan, vous aurez le droit à des flingues, de l’alcool, des réflexions sur les prostitués et des bastos dans tous les sens. Et de jolis ralentis aussi, partis pris esthétiques, sensés visiblement rattraper le (léger) manque d’envergure du film.

Andrew Dominik, le réalisateur, s’en défend dans une interview sur le site de Première, où il déclare préférer « les gens à l’intrigue ». Et au fond pourquoi pas.

Cette envergure recherchée se trouve (presque) sur le fond de la critique sociale (à peine) voilée de l’économie américaine, de son mode de vie, de son rêve américain devenu pour une frange non-négligeable de la population, un cauchemar. (Contexte : Nouvelle-Orléans, crise des subprimes).

L’un des leitmotiv qui revient chez plusieurs personnages est le fameux « nous sommes tout seuls ».

« Ceux d’en haut » (que l’on ne voit jamais) veillent aux grains sur leur zone, leurs intérêts, leurs tripots clandestins, et observent comment se comportent les petits malfrats à leur solde. Cogan est une variation sur le thème du « diviser pour mieux régner ».

Le réalisateur fait comprendre que ceux qui tirent les ficelles sont des gens respectables, par l’intermédiaire du personnage de l’entremetteur, très puritain, gêné que l’on fume dans sa voiture, et qui gèrent les cachets des tueurs à gage comme des notes de frais d’entreprise.

Cogan ne renouvelle pas le genre, mille fois vu et revu, des films de gangsters… Mais il demeure agréable à regarder. Brad Pitt est, comme toujours, impeccable. Ici dans le rôle de Jackie Cogan, tueur à gage sollicité pour faire le ménage.

La chute du film « America is not a country, is business » est là pour résumer le propos qui sous-tend tout le récit… Les belles paroles des politiciens ne cachent plus une alarmante vérité, que seuls les yeux encore éblouis par la fausse opulence refusent de voir… L’argent a dévoré les hommes.

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