Invasion (Nouvelle d’Audrey Masella)

Les rêves peuvent être des sources directes d’inspiration narrative. La nouvelle qui suit en est l’illustration. Et comme le disait James Salter, « Tout ce qui n’est pas écrit disparaît »…

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Une foule de gens se baignait dans des vagues surprenantes. Entassée, colorée, cette foule presque inhumaine se déplaçait par petits tas bariolés au sein d’une eau bleu-azur. Au loin, un soleil réchauffant, brillait d’une lumière éclatante qui aveuglait l’horizon. Mais que sont ces traits circulaires d’un blanc étincelant qui se fondaient parmi les rayons de l’astre jaune central du ciel ? Ces traits qui se déplaçaient – non, qui se rapprochaient – si rapidement vers le bord de la plage que l’on ne pouvait penser qu’ils soient sans danger. Ces traits, ou plutôt ces cercles d’une extrême finesse, et aplatis se déformaient et s’éclipsaient en une fraction de seconde et réapparaissaient toujours plus près, plus immenses, plus étincelants.

Là, la foule se mit à paniquer, ainsi que la mer, emmenant ce lot de chair humaine au sein de ses vagues de plus en plus agitées. Et c’est à ce moment que les  » choses  » qui se trouvaient à l’intérieur de ces vaisseaux-cercles en sortirent. Elles étaient comme dans les représentations communes de science-fiction : des êtres longilignes munis d’une tête disproportionnée. Cependant, ces êtres n’étaient pas d’une couleur verte criarde, mais de la même couleur que leurs vaisseaux-lignes, d’un blanc transparent, quasi incolore.

La foule en panique s’agitait de toute part sur la plage, s’enfonçant au sein des terres, ou bien à l’intérieur de bateaux amarrés dans le minuscule port de pêche à l’abandon. Lorsque les  » transparents  » – appelons les comme cela – attrapaient une personne, celle-ci se figeait instantanément, comme si les visiteurs se fondaient en elle, ne faisant plus qu’un avec elle. Il devenait donc impossible de distinguer l’être humain de l’être longiligne menaçant. Que faisaient-ils de tous ces êtres humains ? Personne ne le savait et surtout ne voulait le savoir et c’est pourquoi toute cette foule immense essayait de s’extraire tant bien que mal de l’emprise de ces envahisseurs. Il fallait donc lutter contre les  » hommes  » transparents mais aussi contre les vagues, comme s’ils avaient réussi à mettre dans ce rapt humain immense et acharné, la tendre mer de leur côté.

Une femme et un homme parmi cette foule se firent capturer sans être figés, et furent donc amenés par ces entités filiformes et unicolores à l’intérieur des terres, dans une mystérieuse jungle humide et touffue qui n’avait pas lieu d’être une heure plus tôt. Ce binôme captif comprit à cet instant, que leurs kidnappeurs étaient en position de force, car ils avaient la faculté de transformer l’environnement qui les entourait, changeant les anciennes terres sèches, remplies de pinèdes et d’herbes folles en une jungle abondante et menaçante.

Au loin, apparut une ruine délabrée. Était-elle là avant ? Peu importe, car cette ruine digne d’un ancien temple maya se mouvait, grandissait et se transformait à chaque pas de ses visiteurs. Des escaliers se créèrent, des ponts se levèrent, et les visiteurs pénétrèrent dans l’abîme de ce monde nouveau.

Masella Audrey

audreymasella@hotmail.f

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